Avec Freud, c’était presque une révolution. Le monde scientifique était en émoi, parfois émerveillé parfois choqué. Bien que la morale ne soit pas absente du champ freudien, l’idée de percevoir les troubles mentaux en dehors du cadre rigide de la pensée correcte était déjà là. C’était prometteur. On proposait une analyse de la construction psychologique de la petite enfance à l’âge adulte. De quoi en séduire plus d’un. Mais aujourd’hui, en 2007, nous pouvons faire le bilan de cette « science ». Et d’ailleurs la question se pose légitimement : en était ce réellement une ? L’encre a coulé. Et depuis de nombreuses années. Je risque de ne rien dire d’original.
La psychanalyse aurait émergée entre 1881 et 1897 sous l’impulsion de Freud et de Josef Breuer, mais il est difficile de donner une date précise sans sombrer dans l’aventurisme. On peut aussi y voir l’influence de Wilhelm Fliess mais plus tardivement soit entre 1890 et 1900. Pour moi c’est là que se trouve l’émergence de l’idée. Pour le reste, ce qui est postérieur, je n’y vois rien qui suggère un commencement mais plutôt une suite….
Pour montrer à quel point la psychanalyse fut un bouleversement, je citerais un propos datant de 19110 alors que celle-ci commençait à faire jacter dans les salons, tenu lors d’un congrès médical : « Un pareil sujet [ND bwolf : les théories freudiennes] ne mérite pas d’être discuté dans une assemblée scientifique ; c’est à la police de s’en occuper ! ». Pour l’auteur de cette petite remarque, un certain Weygandt, comme pour les détracteurs de Freud qu’il représentait pour l’occasion, toute les théories psychanalytiques n’étaient qu’un amas de « cochonneries ». Ce n’est bien sûr pas sur ce point précis que j’apporterais une critique. En tout cas j’invite avec vigueur mes lecteurs et lectrices à bien discerner le discours des différents détracteurs de Freud, pour éviter qu’ils se laissent séduire par des gens qui, en fait, ne chercheraient qu’à restaurer un ordre moral qui a déjà fait tant de mal.
L’idée d’analyse n’était pas mauvaise en soi mais ce que je crois est que les généralisations que Freud et ses amis ont soulevée étaient pour le moins abusives. Freud est même allé sombrer dans une systématisation du sens, donnant à l’inconscient une place qu’il ne mérite pas, et cherchant à interpréter chaque détail de la vie mentale. Je rejette cette démarche. On aurait du s’en tenir à une théorie pour chaque patient ou chaque sujet d‘analyse, ne relevant qu’une conduite à tenir, et ne mettant pas l’accent sur des détails insignifiants ou discutables comme par exemple la petite enfance de Léonard de Vinci décrite par Freud sans qu’aucune donnée Historique ne vienne vérifier l’exactitude des faits. Je récuse le fait que l’analyse psychologique ait besoin d’une théorie centrale comme l’affirment les psychanalystes. C’est l’expérience et l’étude de chaque nouveau cas qui doit aider à aborder les suivants, mais sans faire intervenir aucun dogme d’aucune sorte.
Je dirais que c’est au patient de tenter de comprendre et faire comprendre au psy, quels sont les processus qui l’ont amené dans telle situation ou tel état mental. Ce n’est pas au psy de prendre les commandes arbitrairement avec à la base une théorie basée sur des généralisations. Le psy est uniquement là pour servir de reliant entre la pensée du patient et son rapport au monde. A partir de ce que lui délivrer le patient, et non à partir de dogmes préétablis….
Mots clés : Inconscient, Freud, freudien, psychanalyse, psychologie, congrès médical, Josef Breuer, Wilhelm Fliess, ordre moral, morale, Léonard de Vinci, Weygandt